Beaucoup de salariés pensent qu’il faut obligatoirement passer par un arrêt de travail complet avant de pouvoir bénéficier d’un mi-temps thérapeutique. C’est faux. Depuis la réforme de 2019, vous pouvez être mis directement en temps partiel thérapeutique sans arrêt préalable, à condition que votre médecin le juge nécessaire pour votre état de santé. Cette évolution change la donne pour les personnes qui ont besoin d’aménager leur activité professionnelle sans pour autant cesser totalement de travailler. Le mi-temps thérapeutique permet une reprise progressive ou un maintien partiel dans l’emploi, tout en bénéficiant d’un suivi médical et, sous conditions, d’indemnités journalières de la CPAM pour compenser la perte de revenus.
Mais attention : même si un arrêt complet n’est plus obligatoire avant le mi-temps thérapeutique, vous ne pouvez pas décider seul de réduire vos horaires. Il faut trois accords cumulatifs : la prescription de votre médecin traitant, l’accord de votre employeur sur l’aménagement de votre poste, et la validation du médecin-conseil de la CPAM pour que les indemnités journalières soient versées. Sans ces trois feux verts, pas de mi-temps thérapeutique possible. On vous explique tout : les conditions précises, les démarches à suivre, la rémunération que vous toucherez, et les cas particuliers pour les fonctionnaires et les indépendants.
Voici ce qu’il faut retenir sur le mi-temps thérapeutique sans arrêt préalable :
| Critère | Détail |
|---|---|
| Arrêt préalable obligatoire | Non, depuis 2019 (sauf pour les indépendants) |
| Prescription médicale | Obligatoire (médecin traitant) |
| Accord de l’employeur | Obligatoire (avenant au contrat) |
| Validation CPAM | Obligatoire pour les indemnités journalières |
| Taux de travail | 50% à 90% du temps plein (évolutif) |
| Durée maximale | Environ 1 an (renouvelable selon pathologie) |
| Rémunération | Salaire partiel + IJ CPAM (sous conditions) |
| Cas des indépendants | Arrêt complet préalable obligatoire |
💡 Les 8 points essentiels à retenir
Depuis 2019, vous pouvez passer directement en temps partiel thérapeutique sans avoir été en arrêt complet avant. Cette évolution permet d’aménager votre activité dès que votre médecin le juge nécessaire, sans attendre une aggravation nécessitant un arrêt total.
Même sans arrêt préalable, vous avez besoin de trois accords : prescription de votre médecin traitant avec pourcentage d’activité, accord écrit de votre employeur sur l’aménagement du poste, et validation du médecin-conseil de la CPAM pour les indemnités journalières. L’un manque, tout s’écroule.
Juridiquement, vous êtes en situation de travail à temps partiel, pas en arrêt maladie. Votre employeur ne vous paie que les heures réellement travaillées, et vous devez respecter vos obligations contractuelles (présence, loyauté, etc.) pour la partie travaillée.
Le mi-temps thérapeutique n’est pas forcément à 50%. Votre médecin peut prescrire 60%, 70%, 80% ou même 90% du temps plein, avec des paliers évolutifs au fil des semaines. Par exemple : 50% le premier mois, puis 70% le deuxième, puis 80% le troisième.
Le temps partiel thérapeutique est une mesure temporaire, généralement limitée à 1 an par la CPAM. Il peut être renouvelé pour les pathologies lourdes (ALD, cancers, etc.), mais ce n’est pas un aménagement de poste permanent. L’objectif est la reprise à temps plein ou la stabilisation de l’état de santé.
La CPAM peut refuser de verser des indemnités journalières si le médecin-conseil estime que votre état de santé ne justifie pas un temps partiel thérapeutique. Dans ce cas, vous ne toucherez que votre salaire partiel, sans complément. D’où l’importance d’un dossier médical solide.
Votre employeur doit rédiger un avenant à votre contrat de travail précisant la durée du temps partiel thérapeutique, le taux de travail, les horaires, la répartition des jours travaillés et la rémunération. Sans cet avenant signé, le dispositif n’est pas valable et vous restez juridiquement à temps plein.
Si vous êtes auto-entrepreneur, profession libérale ou dirigeant non salarié, vous ne pouvez pas bénéficier d’un mi-temps thérapeutique sans arrêt préalable. Les indépendants doivent obligatoirement passer par un arrêt complet avant toute reprise partielle, et l’indemnisation reste très limitée.
Peut-on vraiment obtenir un mi-temps thérapeutique sans avoir été en arrêt de travail avant ?

Oui, c’est désormais possible pour les salariés du régime général depuis la réforme de 2019. Avant cette date, le temps partiel thérapeutique était conçu uniquement comme une reprise progressive après un arrêt maladie complet. Il fallait d’abord être en arrêt total pendant plusieurs semaines ou mois, puis basculer en mi-temps thérapeutique pour faciliter le retour à l’emploi. Cette logique a changé : le mi-temps thérapeutique peut maintenant être prescrit dès le départ, sans passer par la case arrêt complet, si votre état de santé justifie un aménagement immédiat de votre activité.
Cette évolution reconnaît que certaines pathologies ou situations médicales ne nécessitent pas forcément un arrêt total, mais plutôt un allégement de la charge de travail pour éviter l’aggravation. Par exemple, si vous souffrez d’une dépression modérée, d’une maladie chronique stabilisée mais fatigante, d’un cancer en cours de traitement mais compatible avec une activité partielle, ou d’une maladie auto-immune nécessitant des périodes de repos, votre médecin peut directement prescrire un temps partiel thérapeutique à 50%, 60% ou 70% sans vous mettre en arrêt complet avant.
Mais attention : même si un arrêt préalable n’est plus obligatoire, vous ne pouvez pas décider seul de réduire vos horaires. Le temps partiel thérapeutique n’est pas un simple aménagement de convenance. Il repose sur trois piliers obligatoires qui doivent tous être réunis :
La prescription de votre médecin traitant qui estime qu’un temps partiel est nécessaire pour votre santé et qui précise le pourcentage d’activité recommandé (50%, 60%, 70%, 80%, etc.). Cette prescription se fait via un formulaire d’arrêt de travail spécifique « temps partiel thérapeutique » qui sert de base à la CPAM.
L’accord de votre employeur sur l’aménagement de votre temps de travail et de votre poste. Votre employeur doit accepter cette réduction d’activité, négocier avec vous les horaires et la répartition des jours travaillés, et rédiger un avenant à votre contrat de travail. Sans cet accord, le mi-temps thérapeutique ne peut pas se mettre en place, même si votre médecin l’a prescrit.
La validation du médecin-conseil de la CPAM pour que des indemnités journalières soient versées en complément de votre salaire partiel. Le médecin-conseil examine votre dossier médical et décide si votre état de santé justifie effectivement un temps partiel thérapeutique indemnisé. Il peut refuser si les justifications médicales sont insuffisantes.
Si l’un de ces trois accords manque, le dispositif ne fonctionne pas. Vous ne pouvez pas imposer un mi-temps thérapeutique à votre employeur, et vous ne pouvez pas obtenir d’indemnités de la CPAM sans validation médicale. C’est un système qui nécessite la coopération de tous les acteurs : vous, votre médecin, votre employeur et la CPAM.
Cette possibilité de mi-temps thérapeutique sans arrêt préalable concerne uniquement les salariés du régime général (CDI, CDD, intérim). Pour les travailleurs indépendants (auto-entrepreneurs, professions libérales, artisans, commerçants), cette souplesse n’existe pas. Les indépendants doivent obligatoirement passer par un arrêt complet avant toute reprise partielle, et l’indemnisation d’un temps partiel thérapeutique n’est pas vraiment prévue dans leur régime. On y reviendra en détail plus loin.
Quelles sont les démarches concrètes pour obtenir un mi-temps thérapeutique sans arrêt préalable ?
Les démarches se déroulent en quatre étapes clés, chacune indispensable pour que le dispositif se mette en place.
Étape 1 : Consulter votre médecin traitant
Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant et expliquez-lui votre situation : votre état de santé, vos difficultés à tenir un temps plein, les symptômes qui vous fatiguent ou vous limitent dans votre travail. Le médecin évalue votre état et, s’il estime qu’un temps partiel thérapeutique est justifié médicalement, il vous prescrit ce dispositif via un formulaire d’arrêt de travail spécifique « temps partiel thérapeutique ». Sur ce formulaire, il indique le pourcentage d’activité recommandé : 50%, 60%, 70%, 80% ou 90% du temps plein, selon votre capacité.
Ce pourcentage peut évoluer au fil du temps. Par exemple, votre médecin peut prescrire 50% pour le premier mois, puis augmenter progressivement à 70% le deuxième mois, puis 80% le troisième, pour faciliter votre reprise complète. C’est un dispositif évolutif qui s’adapte à votre état de santé.
Étape 2 : Informer votre employeur
Vous devez rapidement informer votre employeur de la prescription médicale. Transmettez-lui le volet employeur (volet 3) du formulaire d’arrêt de travail, accompagné d’une demande formelle de passage en temps partiel thérapeutique. Cette notification doit être faite dès que possible, idéalement dans les 48 heures comme pour un arrêt maladie classique, même si ce n’est pas un arrêt au sens strict.
C’est le moment de négocier avec votre employeur les modalités pratiques du temps partiel thérapeutique : quels jours vous travaillerez (par exemple lundi-mardi-mercredi si vous êtes à 60%, ou tous les matins si vous êtes à 50%), quels seront vos horaires, si votre poste nécessite un aménagement particulier (télétravail partiel, réduction des déplacements, allégement de certaines tâches, etc.). Votre employeur peut proposer des adaptations pour faciliter votre maintien dans l’emploi.
Votre employeur peut-il refuser le mi-temps thérapeutique ? Juridiquement, oui, il peut refuser, notamment si l’organisation du service ne permet pas d’aménager votre poste, si votre absence partielle désorganise le fonctionnement de l’équipe, ou si votre poste est incompatible avec un temps partiel (par exemple un poste de direction avec responsabilité managériale forte). Mais dans les faits, la plupart des employeurs acceptent, surtout si le temps partiel thérapeutique permet d’éviter un arrêt complet qui serait plus coûteux et désorganisant. Un refus abusif peut être contesté devant le conseil de prud’hommes, surtout si l’employeur ne justifie pas de contraintes organisationnelles sérieuses.
Étape 3 : Déclaration à la CPAM
En parallèle, votre médecin transmet les volets 1 et 2 du formulaire à la CPAM, souvent de façon dématérialisée via la télétransmission. La CPAM reçoit le dossier et le transmet au médecin-conseil qui examine votre situation médicale. Ce médecin vérifie que votre état de santé justifie bien un temps partiel thérapeutique et que les indemnités journalières peuvent être versées.
Le médecin-conseil peut accepter (vous toucherez alors des indemnités journalières pour compenser la perte de revenus), refuser (vous ne toucherez que votre salaire partiel, sans complément de la CPAM), ou demander un examen complémentaire pour mieux évaluer votre situation. Si le médecin-conseil refuse, vous pouvez contester cette décision en fournissant des éléments médicaux supplémentaires ou en demandant un recours.
Étape 4 : Formalisation avec l’employeur
Une fois que votre employeur a accepté et que la CPAM a validé le dossier, votre employeur doit rédiger un avenant à votre contrat de travail. Cet avenant précise :
- La durée du temps partiel thérapeutique (par exemple 3 mois, renouvelable selon avis médical)
- Le taux de travail (50%, 60%, 70%, etc.)
- Les horaires et la répartition des jours travaillés (lundi-mardi-mercredi, ou tous les matins, etc.)
- La rémunération : salaire correspondant aux heures réellement travaillées, plus éventuellement les indemnités CPAM si elles sont acceptées
- Les conditions de renouvellement ou de fin du dispositif
Cet avenant doit être signé par vous et votre employeur. Sans cet avenant, le temps partiel thérapeutique n’est pas formalisé et vous restez juridiquement à temps plein, ce qui peut créer des problèmes en cas de litige ultérieur.
Si vous sortez d’un arrêt long (plus de 30 jours) ou d’un congé maternité, vous devrez également passer une visite médicale de reprise avec le médecin du travail avant de mettre en place le mi-temps thérapeutique. Cette visite permet au médecin du travail de vérifier que votre poste est compatible avec votre état de santé et de proposer d’éventuels aménagements supplémentaires.
Quelle rémunération touche-t-on en mi-temps thérapeutique sans arrêt préalable ?

La rémunération en temps partiel thérapeutique repose sur deux sources de revenus complémentaires : votre salaire partiel versé par l’employeur, et les indemnités journalières versées par la CPAM (sous réserve de validation du médecin-conseil).
Le salaire versé par l’employeur
Votre employeur vous paie uniquement les heures que vous travaillez réellement. Si vous êtes à 50% du temps plein, vous touchez 50% de votre salaire brut habituel. Si vous êtes à 70%, vous touchez 70% de votre salaire. C’est une règle simple : temps partiel = salaire partiel.
Par exemple, si votre salaire brut habituel est de 2 500 € par mois à temps plein et que vous passez à 60% en temps partiel thérapeutique, votre employeur vous versera 1 500 € brut par mois (2 500 × 60%). Vous perdez donc 1 000 € brut par mois par rapport à votre salaire habituel.
Les dispositions conventionnelles de maintien de salaire en cas de maladie (complément employeur qui porte l’indemnisation à 90% ou 100% du salaire net pendant les premiers mois d’arrêt) ne s’appliquent pas automatiquement à la partie non travaillée en temps partiel thérapeutique. Juridiquement, vous n’êtes pas en arrêt maladie, vous êtes en situation de travail à temps partiel, donc votre employeur n’a aucune obligation de maintenir votre salaire complet. Sauf si votre convention collective ou un accord d’entreprise prévoit explicitement le maintien de salaire en cas de temps partiel thérapeutique, ce qui est rare.
Les indemnités journalières de la CPAM
Si le médecin-conseil de la CPAM valide votre temps partiel thérapeutique, vous pouvez percevoir des indemnités journalières (IJ) pour compenser en partie la perte de revenus liée à la réduction de votre temps de travail. Ces IJ sont calculées sur la base de votre salaire de référence des 3 derniers mois (ou 12 derniers mois selon les cas), comme pour un arrêt maladie classique.
Le montant des IJ en temps partiel thérapeutique est calculé au prorata de la réduction de votre temps de travail. Si vous êtes à 50% de temps partiel, vous touchez des IJ correspondant à 50% du temps non travaillé. Mais attention : les IJ sont plafonnées, et elles ne compensent généralement que 50% à 60% de votre perte de salaire net, pas 100%.
Exemple concret : vous gagnez 2 500 € brut par mois (environ 2 000 € net) à temps plein. Vous passez à 50% en temps partiel thérapeutique. Votre employeur vous verse 1 250 € brut (environ 1 000 € net) pour les heures travaillées. La CPAM peut vous verser des IJ d’environ 500 à 600 € par mois pour la partie non travaillée (montant variable selon votre salaire de référence et le plafond de la Sécurité sociale). Au total, vous toucherez environ 1 500 à 1 600 € net par mois, au lieu de 2 000 € net à temps plein. Vous perdez donc environ 400 à 500 € net par mois.
Si le médecin-conseil de la CPAM refuse de valider votre temps partiel thérapeutique, vous ne toucherez aucune indemnité journalière. Vous ne percevrez que votre salaire partiel, soit dans l’exemple ci-dessus seulement 1 000 € net par mois au lieu de 2 000 € net. La perte de revenus sera donc bien plus importante. C’est pour ça qu’il est crucial de bien justifier médicalement la nécessité du temps partiel thérapeutique auprès du médecin-conseil.
Certaines assurances prévoyance ou mutuelles d’entreprise peuvent compléter les IJ de la CPAM en cas de temps partiel thérapeutique, selon les contrats. Vérifiez avec votre service RH ou votre mutuelle si vous avez droit à un complément. Ces compléments peuvent porter votre rémunération totale à 70%, 80% voire 90% de votre salaire net habituel, selon les garanties souscrites.
Si votre situation nécessite finalement un arrêt complet, découvrez les démarches pour l’arrêt de travail et sa prolongation qui peuvent compléter ou remplacer le mi-temps thérapeutique.
Quelle est la durée d’un mi-temps thérapeutique et peut-on travailler à un taux autre que 50% ?
Le temps partiel thérapeutique n’a pas de durée fixée par le Code du travail. C’est une mesure temporaire liée à l’évolution de votre état de santé. En pratique, la CPAM limite généralement la prise en charge à environ 1 an, sauf pour les pathologies lourdes ou les affections de longue durée (ALD) où des renouvellements peuvent être accordés.
Votre médecin prescrit le temps partiel thérapeutique pour une durée initiale (par exemple 3 mois), puis il réévalue votre état de santé à la fin de cette période. S’il estime que vous avez besoin de plus de temps, il peut prolonger le dispositif pour 3 mois supplémentaires, puis encore 3 mois, etc., jusqu’à ce que vous soyez en mesure de reprendre à temps plein ou que votre état se stabilise. Chaque prolongation nécessite une nouvelle prescription médicale et une nouvelle validation du médecin-conseil de la CPAM.
Si au bout d’un an vous n’êtes toujours pas en mesure de reprendre à temps plein, la CPAM peut considérer que votre situation relève plutôt d’une inaptitude partielle ou d’une invalidité, et elle peut alors basculer vers d’autres dispositifs (pension d’invalidité, reclassement professionnel, etc.). Le temps partiel thérapeutique n’est pas conçu comme un aménagement de poste permanent, mais comme une phase transitoire.
Le taux de travail en temps partiel thérapeutique n’est pas forcément de 50%. C’est une idée reçue qu’il faut corriger. Votre médecin peut prescrire n’importe quel pourcentage entre 50% et 90% du temps plein, selon votre capacité et vos besoins médicaux. Les taux les plus fréquents sont :
- 50% (2,5 jours par semaine ou tous les matins) : pour les situations où vous avez besoin de beaucoup de repos ou de temps pour des traitements lourds
- 60% (3 jours par semaine) : un bon compromis pour maintenir une présence significative au travail tout en préservant votre santé
- 70% (3,5 jours par semaine) : pour une reprise progressive après un arrêt long
- 80% (4 jours par semaine) : souvent utilisé en fin de temps partiel thérapeutique, avant la reprise à temps plein
- 90% (4,5 jours par semaine) : pour une dernière phase d’adaptation avant le retour complet
Le temps partiel thérapeutique peut être évolutif : votre médecin peut prescrire 50% pour le premier mois, puis augmenter progressivement à 60% le deuxième mois, 70% le troisième, 80% le quatrième, et enfin 100% (temps plein) le cinquième mois. Cette progressivité facilite votre retour à l’emploi complet en évitant une reprise trop brutale qui pourrait entraîner une rechute.
L’organisation du temps partiel thérapeutique est négociée avec votre employeur. Vous pouvez travailler par journées complètes (par exemple lundi-mardi-mercredi si vous êtes à 60%), ou par demi-journées (tous les matins si vous êtes à 50%), ou même sur une base hebdomadaire (une semaine sur deux si vous êtes à 50%). L’important est que l’organisation soit compatible à la fois avec votre état de santé, les contraintes de votre poste, et les besoins de l’entreprise.
Le temps partiel thérapeutique fonctionne-t-il de la même façon pour les fonctionnaires et les indépendants ?

Non, les règles diffèrent sensiblement selon votre statut professionnel.
Pour les fonctionnaires (fonction publique d’État, territoriale, hospitalière)
Les agents publics peuvent également bénéficier d’un temps partiel thérapeutique, mais selon des règles spécifiques. On parle souvent de « temps partiel pour raison thérapeutique » dans la fonction publique. Comme pour les salariés du privé, il faut une prescription médicale, l’accord de l’administration (votre employeur public), et l’avis favorable du médecin de prévention ou du comité médical.
La quotité de travail peut aller de 50% à 90% du temps plein, comme dans le privé. La durée est généralement limitée à 6 mois renouvelables, pour une durée maximale totale de 2 ans en principe. Au-delà, si votre état de santé ne vous permet toujours pas de reprendre à temps plein, d’autres dispositifs peuvent s’appliquer (congé longue maladie, reclassement, etc.).
La rémunération en temps partiel thérapeutique dans la fonction publique est plus avantageuse que dans le privé. Vous touchez 100% de votre traitement indiciaire brut pendant toute la durée du temps partiel thérapeutique, même si vous ne travaillez qu’à 50%. Votre employeur public maintient intégralement votre salaire, vous ne subissez donc aucune perte de revenus. C’est un avantage considérable par rapport au secteur privé où vous ne touchez que votre salaire partiel + des IJ partielles de la CPAM.
Les primes et indemnités (IFSE, etc.) peuvent être maintenues totalement, partiellement ou supprimées selon les textes réglementaires de votre corps ou cadre d’emploi. Vérifiez avec votre service RH.
Pour les travailleurs indépendants (auto-entrepreneurs, professions libérales, artisans, commerçants)
Le temps partiel thérapeutique n’existe pas vraiment pour les indépendants. Contrairement aux salariés qui peuvent passer directement en temps partiel thérapeutique sans arrêt préalable depuis 2019, les indépendants doivent obligatoirement passer par un arrêt de travail complet avant toute reprise partielle.
Pourquoi cette différence ? Parce que le temps partiel thérapeutique est juridiquement un dispositif du droit du travail salarié, basé sur la relation employeur-salarié et sur l’indemnisation CPAM des salariés. Les indépendants n’ont pas d’employeur, ils sont leur propre patron, donc les concepts de « poste aménagé » ou « d’accord de l’employeur » n’ont pas de sens pour eux.
Si vous êtes auto-entrepreneur et que vous avez besoin de réduire votre activité pour raisons de santé, vous devez vous mettre en arrêt de travail complet indemnisé par la CPAM (sous réserve de remplir les conditions : 12 mois d’affiliation, seuil minimum de revenus, etc.). Pendant cet arrêt, vous devez cesser totalement votre activité, vous ne pouvez pas facturer un seul euro. Après quelques semaines ou mois d’arrêt, vous pouvez éventuellement tenter une reprise progressive de votre activité en sortant de l’arrêt, mais vous ne serez plus indemnisé par la CPAM dès que vous recommencez à facturer.
Il n’existe pas de dispositif d’indemnisation partielle pour les indépendants qui reprendraient leur activité à 50% ou 60% après un arrêt. Soit vous êtes en arrêt total et indemnisé (sous conditions), soit vous reprenez et vous facturez, mais vous n’êtes plus indemnisé. C’est un système binaire, contrairement aux salariés qui peuvent avoir un temps partiel thérapeutique indemnisé.
Certaines assurances prévoyance privées pour indépendants proposent des garanties de reprise progressive avec indemnisation partielle, mais ce sont des contrats spécifiques à souscrire en amont, et ils sont souvent coûteux. Si vous êtes indépendant et que vous pensez avoir besoin de flexibilité en cas de problème de santé, renseignez-vous sur ces contrats de prévoyance renforcée.
Le mi-temps thérapeutique sans arrêt de travail préalable est une réalité depuis 2019 pour les salariés du régime général, mais il ne s’obtient pas sans contraintes. Vous devez cumuler trois accords obligatoires : la prescription de votre médecin traitant, l’accord de votre employeur sur l’aménagement de votre poste, et la validation du médecin-conseil de la CPAM pour les indemnités journalières. Sans ces trois feux verts, impossible de mettre en place le dispositif. Le temps partiel thérapeutique n’est pas non plus un aménagement permanent : c’est une mesure temporaire, généralement limitée à 1 an, avec un taux de travail modulable entre 50% et 90% selon votre état de santé. La rémunération reste partielle (salaire partiel + IJ de la CPAM si acceptées), ce qui peut représenter une perte de revenus importante si la CPAM refuse de valider votre dossier. Pour les fonctionnaires, le système est plus protecteur avec un maintien de 100% du traitement. Pour les indépendants, le mi-temps thérapeutique sans arrêt préalable n’existe tout simplement pas : il faut passer par un arrêt complet avant toute reprise partielle.














