La conduite sous l’influence de l’alcool reste l’une des principales causes d’accidents graves sur les routes françaises. Les autorités ont mis en place un cadre légal strict pour sanctionner cette pratique dangereuse, avec des peines qui varient selon le taux d’alcoolémie détecté et le statut du conducteur. Si vous avez été contrôlé positif ou souhaitez simplement vous informer, cet article détaille l’ensemble des sanctions encourues.
La législation établit une distinction claire entre la contravention et le délit d’alcool au volant, basée sur le taux d’alcool mesuré dans le sang ou dans l’air expiré. Cette distinction détermine la nature et la sévérité des sanctions, qui peuvent aller de la simple amende à l’emprisonnement, en passant par la suspension ou l’annulation du permis de conduire.
Une contravention d’alcool au volant est établie pour un taux compris entre 0,5 et 0,79 g/L de sang, entraînant une amende de 135€ et un retrait de 6 points sur le permis de conduire.
Voici un tableau récapitulatif des sanctions pour alcool au volant :
| Taux d’alcoolémie | Classification | Amende | Retrait de points | Suspension permis | Autres sanctions possibles |
|---|---|---|---|---|---|
| Entre 0,5 et 0,79 g/L | Contravention | 135 € | 6 points | Jusqu’à 3 ans | EAD possible |
| À partir de 0,8 g/L | Délit | Jusqu’à 4 500 € | 6 points | Jusqu’à 3 ans | Prison (2 ans max), annulation permis |
| Jeunes conducteurs (>0,2 g/L) | Contravention ou délit selon taux | Variable | 6 points | Variable | Selon taux |
| Refus de dépistage | Délit | Jusqu’à 4 500 € | 6 points | Jusqu’à 3 ans | Prison (2 ans max) |
Quelles sont les sanctions pour une contravention d’alcool au volant ?
Une contravention d’alcool au volant est établie lorsque votre taux d’alcoolémie se situe entre 0,5 et 0,79 gramme par litre de sang (ou entre 0,25 et 0,39 milligramme par litre d’air expiré). Dans ce cas, vous vous exposez à des sanctions administratives et financières significatives, même s’il s’agit d’une infraction moins grave qu’un délit.
L’amende forfaitaire pour une contravention d’alcool au volant s’élève à 135 euros. Ce montant peut être réduit à 90 euros en cas de paiement dans les 15 jours suivant la contravention, ou majoré à 375 euros si le paiement intervient après 45 jours.
Au-delà de l’aspect financier, cette infraction entraîne un retrait automatique de 6 points sur votre permis de conduire, soit la moitié du capital pour un permis classique. Pour les conducteurs en période probatoire, cette perte peut être particulièrement problématique compte tenu de leur capital initial réduit.
Une suspension judiciaire du permis peut également être prononcée pour une durée maximale de 3 ans, bien que cette sanction soit rarement appliquée pour une simple contravention sans circonstances aggravantes.
Dans certains cas, le juge peut imposer l’obligation d’installer un éthylotest antidémarrage (EAD) sur le véhicule du contrevenant, à ses frais, pour une période déterminée.
Que se passe-t-il si mon contrôle d’alcoolémie est positif ?

La procédure suite à un contrôle d’alcoolémie positif varie selon le taux mesuré et les circonstances du contrôle. Les conséquences immédiates et à long terme dépendent de plusieurs facteurs.
Procédure immédiate lors d’un contrôle positif
Si votre taux d’alcoolémie dépasse les limites légales, les forces de l’ordre procèdent généralement comme suit :
Pour un taux contraventionnel (entre 0,5 et 0,79 g/L) :
- Établissement d’un procès-verbal d’infraction
- Immobilisation possible du véhicule jusqu’à ce qu’un conducteur sobre puisse le prendre en charge
- Conservation du permis généralement sans rétention immédiate
Pour un taux délictuel (à partir de 0,8 g/L) :
- Rétention immédiate du permis de conduire
- Immobilisation et possibilité de mise en fourrière du véhicule
- Possibilité d’une garde à vue dans certains cas (accident, récidive)
- Suspension administrative du permis pouvant aller jusqu’à 6 mois, décidée par le préfet
Dans tous les cas, un second test de confirmation est systématiquement effectué après un premier dépistage positif, généralement avec un éthylomètre homologué qui mesure précisément le taux d’alcool dans l’air expiré. Vous avez le droit de demander une prise de sang pour contester les résultats de l’éthylomètre.
Procédure judiciaire ultérieure
Suite au contrôle positif, différentes procédures judiciaires peuvent être engagées :
Pour un taux contraventionnel :
- Réception d’un avis de contravention par courrier
- Possibilité de contester l’infraction dans un délai de 45 jours
- Comparution possible devant le tribunal de police en cas de contestation
Pour un taux délictuel :
- Convocation ultérieure devant le tribunal correctionnel
- Possibilité d’une comparution immédiate dans les cas graves
- Nécessité fréquente d’être assisté par un avocat
Autres infractions routières à connaître :
- Contravention pour feu rouge
- Contravention pour stationnement genant
- Contravention pour sens interdit
- Contravention pour telephone au volant
- Contravention stop sans se faire arreter
Quelle est la tolérance d’alcoolémie au volant ?

La réglementation française établit des seuils précis d’alcoolémie au-delà desquels la conduite est interdite. Ces limites varient selon l’expérience du conducteur et son statut.
Pour les conducteurs expérimentés (permis de plus de 3 ans), la limite légale est fixée à :
- 0,5 gramme d’alcool par litre de sang
- 0,25 milligramme d’alcool par litre d’air expiré
Pour les conducteurs novices en période probatoire (permis de moins de 3 ans), les jeunes conducteurs et les conducteurs de transport en commun, cette limite est abaissée à :
- 0,2 gramme d’alcool par litre de sang
- 0,1 milligramme d’alcool par litre d’air expiré
Il est important de noter qu’il n’existe aucune tolérance au-delà de ces seuils. Les appareils de mesure utilisés par les forces de l’ordre sont régulièrement étalonnés et prennent déjà en compte une marge d’erreur technique.
En pratique, ces limites correspondent approximativement à :
- Pour les conducteurs expérimentés : moins de 2 verres standard d’alcool (10g d’alcool pur par verre)
- Pour les conducteurs novices : moins d’un verre standard
Cette estimation reste cependant très approximative car l’absorption d’alcool dépend de nombreux facteurs individuels (poids, sexe, état de santé, repas, fatigue).
Quelles sont les différences entre contravention et délit d’alcool au volant ?
La distinction entre contravention et délit en matière d’alcool au volant est fondamentale, car elle détermine la gravité des sanctions encourues et la procédure judiciaire applicable.
Nature de l’infraction
- Contravention : Infraction mineure jugée par le tribunal de police, concernant les taux entre 0,5 et 0,79 g/L de sang.
- Délit : Infraction plus grave jugée par le tribunal correctionnel, concernant les taux à partir de 0,8 g/L de sang.
Différences de sanctions
Les écarts de sanctions entre ces deux catégories sont significatifs :
| Aspect | Contravention | Délit |
|---|---|---|
| Amende | 135 € (forfaitaire) | Jusqu’à 4 500 € |
| Retrait de points | 6 points | 6 points |
| Suspension de permis | Possible jusqu’à 3 ans (rare) | Probable jusqu’à 3 ans |
| Emprisonnement | Non | Possible jusqu’à 2 ans |
| Inscription au casier | Non (casier n°1) | Oui (casier n°2) |
| Impact assurance | Modéré | Très élevé |
Circonstances aggravantes
Certaines circonstances peuvent aggraver les sanctions, notamment en cas de délit :
- Récidive (doublement possible des peines)
- Accident corporel causé sous l’emprise de l’alcool
- Refus de se soumettre aux vérifications
- Cumul avec d’autres infractions (stupéfiants, excès de vitesse)
Comment contester une contravention pour alcool au volant ?
La contestation d’une contravention pour alcool au volant doit suivre une procédure précise et s’appuyer sur des arguments solides pour avoir une chance d’aboutir.
Délais et procédure
Vous disposez de 45 jours à compter de la date d’envoi de l’avis de contravention pour effectuer votre contestation. Deux options s’offrent à vous :
- Contestation en ligne via le site officiel de l’ANTAI (Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions).
- Contestation par courrier recommandé avec accusé de réception adressé à l’Officier du Ministère Public compétent.
Dans les deux cas, vous devrez généralement consigner le montant de l’amende, sauf si vous bénéficiez de l’aide juridictionnelle. Cette consignation sera remboursée si votre contestation aboutit favorablement.
Motifs de contestation recevables
Les motifs de contestation pour une infraction d’alcool au volant sont limités mais peuvent inclure :
- Erreurs de procédure : non-respect des protocoles de mesure, défaut d’information sur vos droits
- Problèmes techniques : dysfonctionnement ou non-homologation de l’éthylomètre
- Erreur d’identité : vous n’étiez pas le conducteur du véhicule
- Raisons médicales particulières pouvant affecter le test (certaines pathologies, prise de médicaments)
Il est fortement recommandé de consulter un avocat spécialisé avant d’entamer une procédure de contestation, car celle-ci peut s’avérer complexe et les chances de succès dépendent largement de la solidité du dossier.
Quelles sont les conséquences du refus de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie ?

Refuser de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie constitue un délit spécifique, sanctionné aussi sévèrement que la conduite en état d’ivresse manifeste.
Sanctions encourues
Le refus de dépistage expose le conducteur à des sanctions identiques à celles prévues pour le délit d’alcool au volant :
- Amende pouvant atteindre 4 500 euros
- Retrait de 6 points sur le permis de conduire
- Suspension du permis jusqu’à 3 ans ou annulation avec interdiction de le repasser
- Peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 2 ans
- Immobilisation et mise en fourrière possible du véhicule
Justifications non recevables
Il est important de savoir que très peu de motifs sont jugés recevables pour justifier un refus :
- L’état de santé ne permettant pas le souffle dans l’éthylotest (asthme sévère, bouche-à-bouche récent) peut justifier une prise de sang alternative, mais pas un refus total
- Les convictions religieuses ou personnelles ne constituent pas un motif légitime de refus
- La contestation de la légalité du contrôle n’autorise pas à refuser le dépistage
En cas d’impossibilité physique réelle, les forces de l’ordre doivent proposer une alternative médicale (prise de sang), que le conducteur ne peut refuser sans s’exposer aux sanctions.
La conduite sous l’influence de l’alcool représente un risque majeur pour la sécurité routière, ce qui explique la sévérité des sanctions prévues par la loi. Que l’infraction soit qualifiée de contravention (entre 0,5 et 0,79 g/L) ou de délit (à partir de 0,8 g/L), les conséquences sont toujours significatives : amende, perte de points, suspension possible du permis.
Pour les conducteurs novices ou professionnels, la tolérance est encore plus stricte, avec un seuil abaissé à 0,2 g/L de sang. Le refus de se soumettre au dépistage est quant à lui considéré comme un délit à part entière, sanctionné aussi sévèrement qu’une alcoolémie délictuelle.
Face à ces risques, la seule attitude responsable reste de dissocier complètement alcool et conduite. En cas de doute, privilégiez les solutions alternatives : désigner un « Sam » (conducteur qui ne boit pas), utiliser les transports en commun, faire appel à un taxi ou dormir sur place. Aucun trajet ne vaut la peine de mettre en danger sa vie, celle des autres, et de risquer de lourdes sanctions.
Avez-vous déjà été confronté à un contrôle d’alcoolémie ? Quelles précautions prenez-vous pour éviter tout risque ? Partagez votre expérience dans les commentaires !














