Une tendinite à l’épaule, ça commence souvent par une gêne qu’on essaie d’ignorer. Et puis un matin, lever le bras devient impossible, et la question de l’arrêt de travail ne peut plus être évitée. C’est une pathologie qui touche autant les travailleurs manuels que les personnes en poste sédentaire, et dont la durée de récupération varie énormément selon la gravité et le type de poste occupé.
Ce que beaucoup ne savent pas, c’est qu’une tendinite de l’épaule peut justifier un arrêt allant de quelques jours à trois mois, voire plus en cas de chirurgie. Et selon les cas, elle peut même être reconnue comme maladie professionnelle, avec une prise en charge à 100 % et des indemnités dès le premier jour. Voici tout ce qu’il faut savoir pour comprendre vos droits et bien gérer votre arrêt.
Voici un aperçu rapide selon votre situation :
| Gravité et type de poste | Durée d’arrêt initiale | Avec chirurgie |
|---|---|---|
| Légère, poste sédentaire | 5 à 15 jours | 28 jours |
| Modérée, physique léger | 15 à 30 jours | 35 à 60 jours |
| Sévère, physique lourd | 1 à 3 mois | 60 à 90 jours |
À retenir sur l’arrêt de travail pour tendinite à l’épaule
Les indemnités journalières démarrent au 4e jour d’arrêt : les 3 premiers jours sont un délai de carence non indemnisé par la Sécurité sociale (sauf convention collective plus favorable).
Si la tendinite est liée à des gestes répétitifs au travail (plus de 2h par jour), elle peut être reconnue en maladie professionnelle : prise en charge à 100 % et indemnités dès le 1er jour.
Pour prolonger votre arrêt, consultez votre médecin au moins 48h avant la date de fin : cela évite une interruption dans l’indemnisation et maintient la continuité de votre dossier.
Une reprise en temps partiel thérapeutique est possible après 4 à 6 semaines d’arrêt, avec accord de votre employeur et de la CPAM : une bonne option pour reprendre progressivement.
Sans rééducation sérieuse après l’arrêt, le risque de récidive est élevé : prévoyez 20 à 40 séances de kinésithérapie pour consolider l’épaule avant la reprise.
Vous avez 15 jours après le début de l’arrêt pour déclarer une maladie professionnelle auprès de la CPAM via le formulaire CERFA 60-3950, accompagné du certificat médical initial.
Quelle est la durée d’un arrêt de travail pour tendinite à l’épaule ?

C’est la première question que se pose tout le monde, et la réponse honnête c’est : ça dépend. De la gravité de la tendinite, du type de poste occupé, et de la vitesse à laquelle l’inflammation régresse. Le médecin évalue la durée en fonction de l’intensité de la douleur, de la perte de mobilité et des mouvements impossibles à réaliser, notamment l’élévation du bras et les rotations. Voici les grandes fourchettes à connaître selon votre situation.
Poste sédentaire ou tendinite légère : 5 à 15 jours
Pour une tendinite peu sévère sur un poste de bureau, l’arrêt initial tourne généralement autour de 5 à 15 jours. L’objectif est de mettre l’épaule au repos, de démarrer un traitement anti-inflammatoire et d’évaluer l’évolution. Si les douleurs régressent rapidement et que le poste ne sollicite pas l’épaule de façon intense, la reprise peut intervenir assez vite.
Même sur un poste sédentaire, une mauvaise posture prolongée ou un travail intensif sur écran peut entretenir l’inflammation. Un aménagement du poste de travail (ergonomie du bureau, position du clavier, hauteur de l’écran) est souvent recommandé avant la reprise pour éviter une rechute rapide.
Poste physique léger ou tendinite modérée : 15 à 30 jours
Pour un travail impliquant des gestes répétitifs légers, des ports de charges modérés ou des mouvements des bras au-dessus de la tête occasionnels, la durée d’arrêt s’étend plus souvent entre 15 et 30 jours. La tendinite modérée demande plus de temps pour que l’inflammation se résorbe complètement, et une reprise trop précoce sur ce type de poste est l’une des causes les plus fréquentes de chronicisation.
En cas de chirurgie sur ce profil (acromioplastie par arthroscopie), la durée monte à 35 à 60 jours minimum, avec une rééducation intensive en parallèle. Le retour au travail se fait souvent en temps partiel thérapeutique dans un premier temps.
Poste physique lourd ou tendinite sévère : 1 à 3 mois
C’est la situation la plus longue et la plus délicate. Pour les maçons, manutentionnaires, soudeurs, peintres en bâtiment ou tout autre métier sollicitant fortement l’épaule, une tendinite sévère peut justifier un arrêt de 1 à 3 mois. En cas de rupture partielle ou totale de la coiffe des rotateurs nécessitant une intervention chirurgicale, la récupération complète peut prendre 3 à 6 mois, avec une consolidation totale parfois étalée sur 12 à 18 mois.
Dans ces cas, la reprise se prépare bien en amont avec le médecin du travail pour envisager un poste adapté ou un reclassement professionnel si les séquelles ne permettent pas un retour aux conditions de travail antérieures.
Quelles indemnités pendant un arrêt de travail pour tendinite à l’épaule ?

L’arrêt de travail ne signifie pas zéro revenu, mais l’indemnisation varie selon votre statut et votre situation. Voici ce à quoi vous avez droit concrètement.
Salarié : indemnités journalières dès le 4e jour
En tant que salarié, vous percevez des indemnités journalières de la Sécurité sociale à partir du 4e jour d’arrêt, après un délai de carence de 3 jours. Ces indemnités représentent 50 à 66 % de votre salaire journalier de base, selon votre situation familiale. Votre employeur est souvent tenu de compléter cette somme selon les dispositions de votre convention collective, ce qui peut porter le maintien de salaire à 90 % voire 100 % selon les accords en vigueur.
Si vous avez souscrit une mutuelle ou une prévoyance, elle peut compenser tout ou partie de la perte de salaire restante. Pensez à vérifier les conditions de déclenchement de ces garanties dès le début de votre arrêt.
Travailleur indépendant : des droits plus limités
Pour les indépendants et auto-entrepreneurs, les droits aux indemnités journalières sont soumis à des conditions d’affiliation d’au moins 12 mois et à un seuil de chiffre d’affaires minimum. Le montant est bien moins avantageux que pour les salariés : entre 20 et 60 euros par jour maximum selon les cas. Une prévoyance complémentaire spécifique aux indépendants est fortement recommandée pour sécuriser ses revenus en cas d’arrêt prolongé.
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- Infiltration épaule et arrêt de travail
- Calcification épaule arrêt de travail
- Durée arrêt de travail pour opération épaule
La tendinite à l’épaule peut-elle être reconnue en maladie professionnelle ?
Oui, et c’est une option que beaucoup de salariés ignorent alors qu’elle change radicalement la prise en charge. Si votre tendinite est directement liée à votre activité professionnelle, vous pouvez bénéficier d’une reconnaissance en maladie professionnelle, avec des avantages concrets à la clé.
Les conditions pour être reconnu au tableau 57
Le tableau 57 des maladies professionnelles couvre les tendinopathies de l’épaule liées au travail. Pour être reconnu, il faut pouvoir justifier que votre activité implique des gestes répétitifs pendant plus de 2 heures par jour, des ports de charges dépassant 10 kg, ou des expositions à des vibrations. Les métiers les plus concernés sont les maçons, coiffeurs, soudeurs, peintres, caissiers ou tout professionnel effectuant des mouvements répétitifs des bras.
La reconnaissance ouvre droit à une prise en charge à 100 % des soins, des indemnités journalières majorées dès le premier jour (sans délai de carence), et une rente en cas d’incapacité permanente partielle supérieure à 10 %. Le taux d’incapacité est évalué entre 5 et 25 % selon les séquelles et la perte de mobilité constatée.
Comment faire la déclaration ?
Vous disposez de 15 jours à compter du début de votre arrêt pour déclarer la maladie professionnelle auprès de votre CPAM. La démarche implique de remplir le formulaire CERFA 60-3950 et de le transmettre accompagné du certificat médical initial établi par votre médecin. La CPAM mène ensuite une enquête auprès de votre employeur pour vérifier les conditions d’exposition. Ne laissez pas passer ce délai : une déclaration tardive peut compromettre la reconnaissance.
Une tendinite à l’épaule est une pathologie qui mérite d’être prise au sérieux dès le premier symptôme. Un arrêt bien géré, une rééducation complète et une reprise progressive sont les trois piliers d’une récupération sans rechute. Et si votre tendinite est d’origine professionnelle, ne passez pas à côté de la reconnaissance en maladie professionnelle : les droits qui en découlent sont significatifs et souvent méconnus.















